Stranger Things, l’Amour du Bizarre

STRANGER THINGS,

L‘Amour du Bizarre

                                   Vu avec du retard, quel bonheur extatique à la découverte, nouvel opus de ma série   » Des usages de la liberté  »  épisode 7.

Série US chaloupé, pleine de matière. Retour en arrière pour une atmosphère remplie à ras de vintage :

 Six feet under, Carnival, Dead wood…furent le flambeau de la créativité d’une décade qui en manqua (2000 – 2010). Ces plumes trouvèrent l’encre dans l’audimat et leurs idées purent se développer en 8 à 12 épisodes d’environ 1 heure. Ces nouvelles constructions devinrent des chapitres d’un film, s’affranchissant du format de 2h aussi habile puisse-t-il être utilisé, et la pellicule trouva sa versification dramaturgique édifiante. Alan Ball signa carrément le moule en osant pousser chacun de ses protagonistes dans ses retranchements existentialistes.

Stranger Things explore les thématiques d’une époque qui créa le genre, et amène à son scénario les nouvelles perspectives depuis lors et d’aujourd’hui afin d’arracher définitivement l’adhésion de la palme de l’originalité. Quand les Goonies jouent à X-files, qu’Interstellar devient un écrit de Stephen King, Quand E.T rencontre Carrie, ou que Twin peaks se reflète dans son jumeau occidental, silent hill 2…Stranger Things cartonne au divers niveaux de lecture en proposant au moins quatre différent : l’enfant, le spectateur connaisseur, le rôliste, le nostalgique. Le soin va jusqu’au choix de la bande sonore vintage à souhaite, le jeu d’acteur est des plus convainquant, et cette manie américaine de conserver de toutes ces années ces costumes cinématographiques permet à ce genre d’œuvre rétro un apparat de costumes d’époques étonnant d’authenticité.

Tout cela, ce travail n’est qu’un fond, ok, une toile délicieuse pour les sens du spectateur, et après, voici l’histoire, rondement mené, qui ne plagie finalement rien, qui propose du neuf, qui joue le luxe de la complexité, des changements de rythme, des faux blancs et à faire coexister diverses histoires de personnages parfaitement imbriqués, sans aucune facilité, et surtout…plusieurs contraintes. A ce niveau de réussite, disons-le franchement, seules des idées véritables parviennent à sublimer le travail pour obtenir cet inégalable…nectar de cinéphile.

On flirte avec l’horreur, l’angoisse étreint à plus d’une reprise, et pourtant l’emporte l’envie claire d’amener l’audience dans un vaste récit maîtrisé et humain, rendant compte par exemple trop tard des erreurs de jeunesse ; mais que ça reste jouissif néanmoins ces analyses après les orages de ces incompatibilités d’humeur, de ces cul-de-sac caractériels mal digérés, car saisies avec beaucoup de justesse, on peut en rire, voire s’en dédire d’un sourire sur l’humaine nature. Analyse sociologique, vérité de l’expérience de vie et des étapes biologiques, argument psychanalytiques ou énergétiques, bref ce carrefour des sciences anthropologiques, ce vaste croisement des connaissances pour atteindre une vérité mouvante, c’est cela même en fait l’existentialisme.

Ma fleur à cueillir.

Des usages de la liberté – VII

Benjamin K.

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