Le Mythe Shyamalan

Filmographie exemplaire, affronts injustifiés sur ses œuvres, M.N.Shyamalan invente un cinéma avec son schéma propre : 1. intimité psychologique des personnages 2. un genre nouveau à chaque fois. 3. une structure narrative maîtrisée et adaptée.


L’élan mystérieux de ses films, prenant, ne gomme pas les aspérités de ses interprètes. Il a préféré à la vénération méritée d’un Spielberg, de poursuivre le creuset de son œuvre, de son idée d’artiste. Quand on sait combien « Incassable » me marqua par l’originalité et les maîtrises de son propos, j’ai découvert SPLIT comme le plus magnifique cadeau de Noël qu’on ne m’ait jamais fait.

 

Chaque œuvre explore un genre et c’est le genre qui fait l’œuvre. Sixième sens, le surnaturel. Incassable, le nouveau merveilleux. Signs, l’anticipation. The Village, le conte. La jeune-fille de l’eau, la fantasy ( l’urban-fantasy pour les puristes). Phénomènes, le film catastrophe. Avatar, la fantasy-anime. After earth, la science fiction, Split, le thriller. Je ne cite pas volontairement le seul faux pas que j’ai fait à sa filmographie et qui s’apparente au film d’horreur. C’est ce qui à précisément rebuter la critique que l’auteur ait accouché de cet éclectisme. C’était déroutant à comprendre et pourtant ce qui est beau c’est que la constante devient alors la technique du réalisateur. Et sa technique me plaît. Dès les premières minutes je suis pris dans le roman visuel et charmé par ses atmosphères. Il a en commun avec Tarantino d’être aussi exigeant qu’un cinéaste dit d’auteur, mais en utilisant des matières scénaristiques considérées comme populaires. Les grands artistes modernes sont ceux qui ont pris cette voie, car elle exprime au plus près l’élan de démocratisation de notre siècle. Par exemple, il utilise le silence de manière déconcertante et avec brio.Inspiré par Hitchock, il a été plus loin, comme un successeur et il est fin. Les discussions psychologiques de ses personnages élèvent le débat et l’attention, et ces filets littéraires introspectifs donnent à l’image qu’il choie impact et relief.


Ces œuvres peuvent se classer en ces grandes thématiques : la découverte de l’identité, le dénigrement abusif, le soin à prendre de la famille ou à s’en créer une, et enfin le point délicat : la peur.

Je déteste la peur et j’ai parfois détesté être dans un cinéma à cause de ça. Je n’ai donc pas été voir The Visit qui m’a semblé être une exacerbation de ce point constitutif des œuvres de Shyamalan. Toutefois, l’angoisse est une étape de l’affermissement de l’identité qu’il semble maîtriser. Il en fait finalement une parfaite utilisation et c’est pour cela qu’avec lui je tolère ces passages au lieu de les rejeter et reconnaît son talent d’humaniste.

Par contre, Glass qui sonnera le glas de la trilogie Incassable, Split, risque d’être une belle réussite cinématographique réunissant la nouvelle génération, mixte. Son œuvre est devenu mythique et loin des contagions d’écran de films assourdissants, Night Shyamalan aura signé un nouveau style de suspens existentialiste plein de créativité et d’imaginations, de justesse et de sensibilité qui auront su garder la trace authentique d’un artiste mesuré et doué bien après le déferlement médiatique.

 

Des Usages de la Liberté. VIII  

Benjamin K.


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