Génération X-FILES

Afin de réunir à quel point X-Files a plu, était l’une des sources de joie de la télévision et même d’une forme d’éducation, c’est simple : suffit de regarder. On met ensemble les mauvais films et 3 saisons quasi hors-sujet et collecte les 7 saisons biens composées chacune de 23 épisodes. Par rapport à l’ancienne génération, facilement méprisante, la nouvelle est savante, se renseigne et va jusqu’à apprécier ce qui avant était bien. Cette qualité, qui forme les personnalités, à façonner le courant rétro-culture pop. Revivre finalement le non-dit, cet inconscient collectif en mouvement, gestation et qui est ce qu’on appelle l’implicite.

La facilité avec laquelle «  X-files » enchaînait les épisodes variés et surprenants ne doit pas cacher le génie de son créateur.

La lente infiltration de la série est arrivée par la télévision. Tout d’abord, elle a capté les spectateurs subjugués par 3 choses : la qualité d’écriture digne d’un film, l’originalité des thèmes abordés et le tandem d’acteur qui a réfléchi la relation homme-femme.

 

Ensuite, la série a allongé ses doubles-épisodes : ces phénomènes paranormaux s’inscrivent dans le gouvernement et l’audience prise en otage de leur temps vécu ressortait des débats aimants plein la bouche : X-Files offrait à la société une magnifique force de discussion, un flambeau autour duquel toutes les catégories socio-culturelles et tout le prisme de la laïcité pouvait discuter. Cette folle ode à l’imagination prouvait alors que la fiction demeurait la seule essence pour bâtir l’informé. L’imagination lorsqu’elle est l’outil d’un génie permet de transcender un peuple pour le faire grandir.

 

Les copieurs on tendance à faire dans le malsain, alors que la série cherchait l’étrange, comme on dit d’Hitchcock qu’il visa l’angoisse au lieu de la peur.

Les 40 mn d’X-files valaient l’heure trente de films. Maintenant le format tourne autour de 2 heures. L’intro contenait une scène forte et passionnante. Le générique vous préparait à l’enquête. Les 8 minutes suivantes présentaient la découverte des faits par Mulder et Scully : on avait le sentiment d’en être loin dans la réflexion lorsque l’on remarquait que le générique des noms n’étaient pas fini. 15 minutes de scènes originales et agencées finement suivaient. Puis un final extra avec dénouement des fils de l’intrigue. Et 3 minutes de retournement dont seul les grands films d’époque était capable. Avec X-Files : on avait le droit donc à un thème nouveau traité sous un nouvel angle, scientifique et fantastique.

 

Le grand public a découvert le fascinant du fantastique et la pertinence de la différence grâce à X-Files, certes…néanmoins la grande idée, que dis-je le tournant sociétal grâce à X-Files est le rapport du peuple avec son gouvernement.

 

La conscience politique n’était plus en vogue dans les années 90. Kurt Cobain hurlait «  We entertain us », désopilant désopilé. Qu’elles étaient faciles les positions politiques des années 70/80 quand il y avait deux systèmes en place, différent et sur lesquels il était facile d’avoir une opinion. 1989, la chute du mur de Berlin, marque le début du mono-système. Cette seule direction a eu des dégâts dévastateurs sur la conscience humaine. Non seulement l’avarice n’a plus eu de frein dans ce néolibéralisme , mimant la réalité, parce que la « la main invisible » d’Adam Smith serait si naturel que l’on croirait entendre le vieux clergé avec le droit divin du Roi. C’est absolument trompeur : en effet, disparaît très vite le décor si l’on ne choisit plus sa situation-système. Toute cette génération a jeté l’éponge du combat politique . Logique : il n’y en avait plus. Le tour de passe-passe s’est arrêté un jour. Or, X-Files arrive et trouve une idée politique au-dessus : est-ce que le gouvernement ment ?

C’est d’autant plus stimulant intellectuellement que c’est pour savoir s’il y a des extra-terrestres. Le jeu permet en fait d’une manière inédite d’ouvrir à l’indispensable conscience politique : ce n’est plus un choix à faire, mais un véritable travail d’esprit critique. A lui seul X-Files a permis à tout une génération de devenir le contre-pouvoir en place. Cette colonne vertébrale de la série se retrouve par grandes étapes dans les merveilleux doubles formant un téléfilm qui ouvrait, fermait ou coupait une saison.

 

La force créatrice d’X-Files est telle que chaque épisode a depuis donné une série entière. Le noyau de fan n’est plus à convaincre, cependant pour ceux qui seraient issus sans le savoir de ce processus : l’explication tient à la phénoménologie psychologique. L’expérience est devenue matière à penser, qui ne peut plus se penser ! Seule la bonne foi permet de le retrouver et savoir sans vanité.

 

X-Files a une parenté avec l’œuvre de Lovecraft dans le traitement avec des outils modernes d’idée fantastique. Au centre chacun a placé un grand secret- réseau : Lovecraft le mythe du Cthulu. X-Files le complot gouvernemental sur l’existence des extra-terrestres. Je ne crois pas qu’il y ait copie, je crois que ce parallèle vient d’une construction de fiction savante par un passionné passionnant créateur.

 

Enfin, si les séries percutantes sur l’acquisition utile d’une conscience politique vous intéresse : A la maison Blanche, au moins les 3 premières saisons sont de ces bijoux démocratiques, véritables offrandes d’élite au peuple, de ces trésors qui firent la seule et vraie grandeur du système américain dans toute la splendeur de sa nouveauté face aux anciens pouvoirs suprêmes en place.

 

 

Des Usages de la Liberté 12 – Benjamin K.

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